Surveillance et dépistage

Démarche clinique pour la détection des troubles du développement

L’importance d’une détection précoce

La malléabilité du cerveau d’enfants en bas âge milite en faveur d’une intervention précoce. Voilà une des raisons pour lesquelles il est essentiel d’identifier le plus rapidement possible des problèmes concernant le développement (Glascoe, 2005). L’importance de surveiller le développement des enfants et de dépister des problèmes le plus tôt possible est de plus en plus reconnue par plusieurs experts (Drotar, Stancin, & Dworkin, 2008). En effet, l’American Academy of Pediatrics (AAP) recommande qu’une surveillance du développement soit effectuée tout au long du suivi régulier fait par un pédiatre ou médecin de famille pour les enfants en bas âge. Cette surveillance routinière, qui fait aussi partie du guide de pratique de Bright Futures, incorpore un dépistage systématique à l’aide d’outils standardisés (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). Il existe toutefois plusieurs barrières à ces pratiques telles le manque de temps, les coûts associés, le manque de connaissances des professionnels ainsi que le grand choix d’outils disponibles. Il est également important de considérer la clientèle (ex : facteurs de risque chez l’enfant) ainsi que les aspects administratifs (ex : agents payeurs) lors de l’incorporation de ces pratiques.

La situation au Québec
Au Québec, à l’heure actuelle, le suivi des enfants en bas âge se fait soit par un pédiatre ou un médecin de famille. Selon les recommandations, un enfant devrait visiter le professionnel au cours des premiers jours de vie et deux semaines plus tard. Ensuite, des visites sont prévues aux âges de 1, 2, 4, 6, 9, 12 et 18 mois (en âge corrigé pour les enfants nés prématurément).
Le but de ces visites est de s’assurer que l’enfant se porte bien et lui donner ses vaccins (CHU Sainte-Justine & Équipe naître et grandir, 2008). Ces visites sont également  des moments opportuns pour réaliser la surveillance du développement de l’enfant et procéder à des tests de dépistage.

La surveillance

Selon Dworkin, la surveillance du développement global est définie comme étant «un processus continu et flexible par lequel les professionnels de la santé compétents et bien informés font des observations pertinentes lors de leurs consultations auprès de l’enfant» dans le but d’identifier des risques de présenter des problèmes de développement chez les enfants en bas âge (Dworkin, 2004; Nachshen et al., 2008).  Afin de bien exercer la surveillance, un professionnel requiert de l’expérience clinique ainsi qu’une bonne connaissance du développement typique et atypique des jeunes enfants (Nachshen et al., 2008). La surveillance du développement possède plusieurs fins utiles telles identifier des signes d’appels nécessitant une investigation plus approfondie, faire des références aux professionnels appropriés en temps opportun ainsi que faire de l’éducation et de la promotion d’un développement sain auprès des parents (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).
Une grande quantité d’informations est à considérer lors de la surveillance, incluant, entre autres, les informations dans le dossier médical de l’enfant, les facteurs de risques, son historique médical et de naissance (poids de naissance, prématurité).

Les composantes de la surveillance du développement
Selon l’AAP, il existe cinq grandes composantes de la surveillance du développement.

1 – Premièrement, il est recommandé d’écouter et de répertorier les inquiétudes parentales concernant le développement de leur enfant.
La littérature démontre l’importance ainsi que le facteur prédictif de ces inquiétudes en lien avec des problèmes de développement (Chung et al., 2011; Glascoe, 2000; Glascoe, 2003; Glascoe & Dworkin, 1995; Tervo, 2005). Questionner les parents sur le comportement de l’enfant est une bonne façon de détecter des problèmes de développement puisque la majorité de ces troubles se manifestent par le biais de comportements spécifiques. En effet, l’orientation vers des services d’évaluation suite à la présence de préoccupations parentales fait partie des pratiques exemplaires pour les TSA en matière de surveillance. Les inquiétudes parentales devraient trouver une réponse sans délai puisqu’une approche «attendons pour voir» n’est pas acceptable (Nachshen et al., 2008). Il est toutefois important de se rappeler que l’absence d’inquiétudes parentales ne signifie pas nécessairement l’absence de problème ou de retard de développement (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).

2 – La deuxième composante importante de la surveillance est la documentation de l’histoire développementale de l’enfant.
Il est important de questionner le parent sur les changements au plan du développement depuis la dernière visite ainsi que sur les habiletés normalement acquises selon l’âge de l’enfant pour repérer, s’il y a lieu, la présence d’un retard. Il est également important d’investiguer l’acquisition d’habiletés déviantes de la séquence attendue du développement. Une régression au niveau des habiletés d’une ou plusieurs sphères du développement est un problème très sérieux qui requiert une investigation neurologique (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).

3 – En troisième lieu, les observations cliniques par le professionnel compétent et expérimenté sont essentielles dans le processus de surveillance du développement d’un enfant (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). Des observations de l’interaction parent-enfant pourraient aussi donner de l’information pertinente (Dinkevich & Ozuah, 2002).

4 – Quatrièmement, une évaluation des divers facteurs de risque et de protection de l’enfant, tant aux niveaux biologique et génétique qu’environnemental et social, est primordiale.
Les enfants présentant de nombreux facteurs de risque sont vulnérables et devront bénéficier d’un suivi plus serré, d’un dépistage ou d’une référence immédiate pour une évaluation plus approfondie (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). La résilience de l’enfant, c’est-à-dire son comportement adaptatif, est également un élément important à documenter étant donné son rôle important dans le développement de l’enfant et surtout au niveau de l’interaction entre les facteurs de risque et l’environnement.

5 – En dernier ordre, la documentation du processus du pédiatre ainsi que des résultats et le moment de la prochaine visite sont primordiaux.
Il est aussi important de noter s’il y a eu référence à un spécialiste pour revenir sur cette rencontre à la prochaine visite. Une courbe de croissance claire et précise aide également à visualiser l’évolution de l’enfant (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).

En somme, un bon suivi incluant la prise en considération des observations ainsi que des inquiétudes des parents  et la documentation précise de celui-ci facilitera la surveillance développementale d’un enfant ainsi que le dépistage précoce de troubles ou de retards de développement. Le pédiatre a également la responsabilité de faire comprendre l’importance de visites de routine, de la surveillance ainsi que du dépistage aux parents en faisant de l’enseignement.

Le dépistage

Le dépistage, quant à lui, consiste en l’utilisation d’outils standardisés pour préciser la probabilité de présenter un problème de développement ou identifier des sphères du développement où les habiletés de l’enfant sont en retard en comparaison avec des normes établies (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). L’intégration du dépistage est primordiale afin d’effectuer une surveillance efficace et complète du développement d’un enfant.
Le dépistage devrait être fait à plusieurs reprises, à différents âges, puisque ces différents stades du développement typique reflètent différentes habiletés et cela pourrait, par conséquent, relever différents problèmes. De plus, cela permet d’avoir une vue d’ensemble de la progression du développement d’un enfant donné (Glascoe, 2005).

Niveaux de dépistage
Il existe deux niveaux de dépistage: le dépistage systématique et le dépistage ciblé.

Le dépistage systématique est défini comme l’application, à une grande population, d’un outil de dépistage normalisé afin d’identifier les personnes ayant une probabilité élevée de développer un trouble. Ce premier niveau de dépistage permet ensuite d’orienter l’enfant vers une évaluation plus approfondie (Nachshen et al., 2008).
C’est à ce type de dépistage que l’on fait référence dans la recommandation de l’AAP d’administrer un outil de dépistage général de façon systématique aux visites de routine de 9, 18 et 30 mois. En effet, même en l’absence d’inquiétudes parentales ou de suspicions du professionnel de la santé, tous les enfants devraient, selon l’AAP, se voir administrer un outil de dépistage du développement global à ces âges, qui ont été déterminés en considérant plusieurs facteurs.
À 9 mois, par exemple, plusieurs problèmes moteurs peuvent déjà être identifiés. C’est aussi à cet âge que les premières habiletés de communications verbale et non verbale se présentent. Plusieurs signes de l’autisme, tels le manque de contact visuel, de pointage du doigt ou de réaction à l’appellation de son nom, peuvent être détectés dans la première année de vie.  Cette évaluation, autour du 9e mois, est également un moment opportun pour faire de l’enseignement aux parents sur les habiletés qui devront être acquises d’ici la fin de la première année de vie de leur enfant.

L’administration d’un outil de dépistage est aussi recommandée autour de 18 mois, car des retards aux niveaux du langage ou de la communication sont souvent déjà apparents. En plus de la passation d’un outil de dépistage général, il est recommandé d’administrer un outil spécifique de dépistage des troubles du spectre de l’autisme (TSA), tel le CHAT ou M-CHAT, à tous les enfants âgées de 18 mois. Cette pratique est suggérée étant donné l’importance de la détection précoce pour orienter les enfants présentant des signes et symptômes vers une évaluation plus approfondie et une intervention précoce (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).

Toutefois, ce dépistage systématique des TSA à 18 mois ne fait pas actuellement partie des pratiques exemplaires au Canada étant donné le manque d’outils de dépistage ayant un niveau de sensibilité et de spécificité assez élevé pour éviter un trop grand nombre de faux positifs engorgeant ensuite les listes d’attente pour une évaluation diagnostique. Il est plutôt recommandé de passer par le biais de la surveillance afin de cibler les enfants à risque et ensuite procéder à un dépistage de deuxième niveau (Nachshen et al., 2008).
Dernièrement, selon l’AAP, il devrait idéalement aussi avoir un test de dépistage du développement global administré à 30 mois, mais il peut également se faire à 2 ans (24 mois). À cet âge, la majorité des déficits ou retards moteurs, langagiers et cognitifs sont présents et pourront être détectés par un test de dépistage (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006).
Le dépistage permet d’augmenter la précision de la surveillance développementale puisqu’il est démontré que l’intégration de tels outils dans la pratique améliore la justesse de l’appréciation du niveau de développement par les professionnels en comparaison avec de simples impressions cliniques (Werner EE, Honzik MP, & Smirth RS, 1968).

L’autre type de dépistage, le dépistage ciblé ou de second niveau, se fait lorsqu’un risque à été identifié durant le processus de surveillance ou lorsque des d’inquiétudes ont été soulevées par un parent ou un professionnel de la santé. Il peut donc avoir lieu à n’importe quel âge. Un résultat positif ne mène pas à un diagnostic, mais oriente plutôt l’enfant vers une évaluation approfondie (Nachshen et al., 2008).
Lorsque les inquiétudes concernent un domaine du développement spécifique ou que l’enfant présente des risques spécifiques pour un trouble, le médecin devrait opter pour un test de dépistage plus spécifique (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). Par exemple, en ce qui concerne le TSA, des enfants présentant des symptômes du trouble ou encore la fratrie d’un enfant ayant déjà un diagnostic de TSA seront soumis d’emblé à un test de dépistage spécifique.
Dans tous les cas où un outil de dépistage est utilisé, il est important d’utiliser son jugement clinique lors de l’interprétation des résultats et de la formulation des recommandations. Il également essentiel de bien expliquer les résultats ainsi que les implications aux parents tout en les orientant vers les bons services.

Il existe également du dépistage fait en milieu scolaire, car malheureusement, les troubles de développement ne sont pas toujours identifiés avant la rentrée scolaire. Aussi, certains troubles plus modérés (ex : troubles d’apprentissage, dyslexie) ne sont visibles qu’à l’âge scolaire étant donné les nouvelles exigences du milieu telles la lecture ou l’écriture (Glascoe, 2005). C’est donc une autre raison pour laquelle la surveillance doit se poursuivre et le dépistage fait à plusieurs reprises lorsque l’enfant vieillit. De plus, le pédiatre devrait promouvoir  la maturité scolaire («school readiness») et expliquer les impacts de la stimulation précoce aux parents. La littérature démontre que les habiletés de motricité fine et de langage sont les plus prédictifs en ce qui concerne la performance scolaire. Une surveillance et un dépistage adéquats permettraient donc de mieux préparer l’enfant à la rentrée scolaire (High, Committee on Early Childhood, Adoption, and Dependent Care, & Council on School Health, 2008).

Choix d’un outil de dépistage
Bien que tous les outils de dépistage aient comme objectif principal d’identifier les enfants ayant potentiellement un retard dans leur développement, aucun outil ne peut être considéré comme universel (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006). Étant donné les différentes contraintes reliées au dépistage ainsi que la grande variabilité entre les milieux de pratique et l’expérience des professionnels, le choix d’outils appropriés peut s’avérer difficile.
La disponibilité, la facilité d’administration et les qualités métrologiques de l’outil sont des aspects importants à considérer.  Parmi ces dernières, la sensibilité, la spécificité, la valeur prédictive positive, la fidélité ainsi que la validité sont fondamentales pour juger de la qualité d’un outil (Drotar, Stancin, & Dworkin, 2008; Glascoe, 2005). Il est également essentiel d’évaluer la compréhension des parents ainsi que les caractéristiques de l’enfant et de sa famille (ex : antécédents familiaux de troubles de développement, âge, facteurs de risque, langue maternelle, culture, etc.). Le dernier élément primordial à considérer est la raison du dépistage et donc l’objectif poursuivi par ce dernier.
En effet, le choix de l’outil va varier si c’est un dépistage systématique, qui a pour but d’évaluer le développement de façon globale, si l’enfant en question présente des signes dans un domaine précis ou encore des signes précurseurs d’un trouble spécifique (Drotar, Stancin, & Dworkin, 2008; Glascoe, 2005).

Le tableau suivant peut aider à réduire le choix d’outil en considérant les divers facteurs mentionnés.

Tableau I: Outils de dépistage selon les différentes sphères à évaluer
(Inspiré du Guide 1 dans Drotar, D., Stancin, T., & Dworkin, P. (2008). Pediatric Developmental Screening: Understanding and Selecting Screening Instruments. The Commonwealth Fund., du tableau 1 dans Identifying Infants and Young Children With Developmental Disorders in the Medical Home: An Algorithm for Developmental Surveillance and Screening. Pediatrics, 118 (1), pp410-413 et du tableau 1 dans Glascoe, F. P. (2005). Screening for developmental and behavioral problems. Mental Retardation and Developmental Disabilities Research Reviews, 11(3), 173-179.)

Domaine

Outil

Population cible

Description

Autres informations pertinente

Dépistage du
développement global

Parents’ Evaluations of Developmental Status (PEDS)

Générale

(dépistage 1er niveau ou surveillance)

Questionnaire sur les inquiétudes parentales par
rapport à diverses sphères du développement

  • âge: 0-9 ans
  • temps: 2-10 min
  • Sensibilité: modérée (74-79%)
  • Spécificité: modéfée (70-80%)
  • Source: Pedstest.com

Ages & Stages Questionnaires, 2e ed.
(ASQ)

Générale (dépistage 1er niveau) ou à
risque (dépistage 2e niveau)

Questionnaire les inquiétudes parentales par rapport
aux diverses sphères du développement (5)

  • âge: 4-60 mois
  • temps: 10-15 min.
  • Sensibilité: modérée (70-90%)
  • Spécificité: excellente (76-91%)
  • Source: Brookes Publishing

Bayley Infant Neurodevelopmental Screen (BINS)

À risque (dépistage 2e niveau)

Administré par le professionnel

  • âge : 3-24 mois
  • temps : 10 min.
  • Sensibilité : modérée (75-86%)
  • Spécificité : modérée (75-86%)
  • Source : Pearson Assessments

Batelle Developmental Inventory Screening Tool,
2e éd. (BDI-ST)

Générale (dépistage 1er  niveau)

Administré par le professionnel

  • âge: 0-95 mois
  • temps: 10-30 min.
  • Sensibilité: modérée (72-93%)
  • Spécificité: modérée (79-88%)
  • Source:
  • Riverside Publishing

Brigance Screens-II

À risque (dépistage 2e niveau)

Administré par le professionnel

  • âge:
  • 0-90 mois
  • temps: 10-15 min.
  • Sensibilité: modérée (70-80%)
  • Spécificité: modérée (70-80%)
  • Source: Curriculum Associates

Child Developmental Inventory (CDI)

À risque (dépistage 2e niveau)

Questionnaire auto-administré par les parents

  • âge: 18 – 72 mois
  • temps: 30-50 min
  • Sensibilité: excellente (80-100%)
  • Spécificité: excellente (94-96%)

Dépistage
global (suite)

Bayley Scales of Infant and
Toddler Development, 3e éd. (Bayley-III) Screening Test

Générale (dépistage 1er niveau ou
surveillance)

Administré par le professionnel

  • âge : 1-42 mois
  • Source: Pearson Assessments

Dépistage  des sphères cognitive et
du langage

Capute Scales: Cognitive Adaptive

Test/Clinical Linguistic

Auditory Milestone Scale (CAT/CLAMS)

Générale (dépistage 1er niveau) ou à
risque (dépistage 2e niveau)

Administré par le professionnel (observations
directes et questions aux parents)

  • âge: 3 -36 mois
  • Source: Brookes Publishing
  • Permet de distinguer entre retard global de
  • développement et problème dans un domaine spécifique du développement.

Infant-Toddler Checklist for

Language and munication

Générale (dépistage 1er niveau)

 

Liste complétée par les parents

  • âge: 6-24 mois
  • temps: 5-10 min.
  • Sensibilité: 78%
  • Spécificité: 84%

Early Language Milestone Scale
(ELM Scale-2)

-Pop  générale (dépistage 1er niveau) ou

-Pop à risque (dépistage 2e niveau)

Administré par le professionnel

  • âge : 0-36 mois
  • temps: 1-10 min
  • Sensibilité: modérée à excellente (83-100%)
  • Spécificité : faible à excellent (68-100%)
  • Source: Pro-Ed Inc.

Language Development Survey (LDS)

-Pop  générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire auto-administré par les parents

  • âge: 18-35 mois
  • temps: 10 min.
  • Source: Aseba.org

Dépistage des habiletés motrices

Motor Quotient (MQ)

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Administré par le professionnel

  • âge: 8-18 mois
  • temps: 1-3 min.
  • Sensibilité: modérée (87%)
  • Spécificité: modérée (89%)

Dépistage des problèmes
socio-affectif (comportement)

Ages and Stages Questionnaires:

Social Emotional

(ASQ:SE)

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire aux parents (Supplément au ASQ)

  • âge: 6-60 mois
  • temps: 10-15 min.
  • Sensibilité: modérée (71-85%)
  • Spécificité: excellente (90-98%)
  • Source: Brookes Publishing

Eyberg Child Behavior Inventory/

Sutter-Eyberg Student

Behavior Inventory

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire aux parents

  • âge: 2-16 ans
  • temps: 7 min.
  • Sensibilité: modérée (80%)
  • Spécificité: excellente (86%)

Brief Toddler Social Emotional
Assessment (BIT-SEA)

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire auto-administré par les parents

  • âge: 12-36 mois
  • temps: 7-10 min.
  • Sensibilité: excellente (80-85%)
  • Spécificité: modérée (75-80%)
  • Source: Pearson Assessments

Dépistage des TSA

Modified Checklist for Autism in Toddlers

(M-CHAT)

-Pop générale (dépistage 1er niveau) ou

-Pop à risque (dépistage 2e niveau)

Questionnaire auto-administré
par les parents

  • âge: 16-52 mois
  • temps: 5-10 min.
  • Spécificité: excellente (99%)
  • Sensibilité: modérée (85%)
  • Source: Firstsigns.com

Social Communication
Questionnaire (SCQ)

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire auto-administré par les parents

  • âge: 4 ans et +
  • temps: 5-10 min.
  • Sensibilité: modérée (85%)
  • Spécificité: modérée (75%)
  • Source: Western Psychological Corp.

Pervasive Developmental Disorders
Screening Test-II (PDDST-II)

Stage 1

-Pop générale (dépistage 1er niveau)

Questionnaire auto-administré par les parents

  • âge: 12-48 mois
  • temps: 10-15 min.
  • Sensibilité: excellente (85- 92%)
  • Spécificité: modérée (71-91%)
  • Source: Psychological Corp.

Dépistages des troubles du traitement
de l’information sensorielle

Sensory Processing
Measure (SPM)

À risque (dépistage 2e niveau)

Questionnaires auto-administrés dans les divers
milieux de vie de l’enfant (maison- école)

  • âge: 5-12 ans
  • temps: 15-20 min.
  • Source: Western Psychological Services

Infant/Toddler Sensory Profil
(ITSP)

À risque (dépistage 2e niveau)

Questionnaires aux parents (auto-administrés ou non)

  • âge : 0-36 mois
  • temps : 15 min.
  • Validité interne: bonne à excellente selon les sections (0.42 à 0.85)
  • Source: Pearson Assessments

Short Sensory Profil

Générale (dépistage 1er
niveau)

Questionnaires auto-administrés
par les parents

  • âge: 3-10 ans
  • temps: 15 min.
  • Source: Pearson Assessments

Dépistage DI

Vineland Adaptive Behavior Scales (Vineland-II)

Générale (dépistage 1er niveau) ou à
risque (dépistage 2e niveau)

Entrevue semi-structurée avec
les parents ou l’enseignant

  • âge: 0-90 ans
  • temps: 20-60 min.
  • Fidélité: excellente (80% +)
  • Source: Pearson Assements 

Dépistage TAC

The Developmental Coordination Disorder Questionnaire
(DCDQ)

Générale (dépistage 1er
niveau)

Questionnaires auto-administrés
par les parents

  • âge: 5-15 ans
  • temps: 10- 15 min.
  • Sensibilité: 85%
  • Spécificité: 71%
  • Source:
  • dcdq.ca

Early Motor Pattern Profile (EMPP)

À risque (dépistage 2e
niveau)

Examen physique par le professionnel (médecin) du
tonus, des réflexes et des mouvements

  • âge: 6-12 mois
  • temps: 5-10 min.
  • Sensibilité: excellente (87-92%)
  • Spécificité: excellente (98%)

L’évaluation
Lorsque la surveillance ou le dépistage identifie un enfant à haut risque de présenter un trouble de développement, une évaluation diagnostique devrait être initiée. Cette évaluation a pour but d’identifier le ou les problèmes de développement présenté(s) par l’enfant.
Une telle démarche permettra à la fois d’établir un plan d’intervention et de d’orienter le pronostic de l’enfant. Du côté médical, neurologue, pédiatre spécialisé en neuro-développement, pédopsychiatre, généticien et  physiatre seront interpellés. D’autres professionnels pouvant participer à l’évaluation diagnostique sont les psychologues, les audiologistes, les physiothérapeutes, les orthophonistes et les ergothérapeutes. Lévaluation est un travail interdisciplinaire qui comporte généralement l’administration de plusieurs outils d’évaluation standardisés ainsi que plusieurs observations de l’enfant en question (Nachshen et al., 2008). Une entrevue auprès des parents est également souvent de mise. Malheureusement, il y a présentement de longues listes d’attente pour les services de deuxième et de troisième ligne qui évaluent les enfants présentant certains troubles de développement tels les TSA. Plusieurs enfants se retrouvent donc assez vieux sans diagnostic officiel. Cela soulève encore une fois l’importance de procéder à une surveillance serrée dans le but de référer le plus tôt possible.

L’algorithme ci-dessous est adapté de celui présenté dans les recommandations de l’AAP et démontre, de façon globale, les étapes à suivre dans le processus de surveillance ainsi que son interaction avec le dépistage et l’évaluation (Council on Children With Disabilities, Section on Developmental Behavioral Pediatrics, Bright Futures Steering Committee, & Medical Home Initiatives for Children With Special Needs Project Advisory Committee, 2006)

(cliquez l’image pour agrandir)

Prochaine section: Conception actuelle des troubles du développement