Principaux troubles associés et quelques données épidémiologiques (TSA)

Principaux troubles associés

Les TSA peuvent ou non être accompagnés de DI. En effet, de 50 à 75% des enfants présentant un TSA auraient une DI. Toutefois, ce nombre pourrait être surestimé comme il est très souvent difficile d’évaluer le fonctionnement cognitif de ces enfants en raison de difficultés de communication ou de problèmes de comportement (Munir, Friedman, Wilska, & Szymanski, 2008). Des troubles de traitement de l’information sensorielle, particulièrement l’hypo- et l’hypersensibilité, sont également souvent présents chez les enfants ayant un TSA avec une proportion estimée à 75%. Cette forte proportion explique d’ailleurs, du moins partiellement, pourquoi plusieurs enfants autistes bénéficient d’interventions ergothérapiques basées sur l’approche d’intégration sensorielle (SPD Foundation, 2010). Ces particularités sensorielles peuvent également expliquer, du moins en partie, certains problèmes  d’alimentation qui accompagnent souvent le TSA. D’autres causes possibles des problèmes d’alimentation sont les troubles gastro-intestinaux, présents dans une proportion pouvant aller à 85% des cas de TSA. Ces troubles varient en termes de symptômes et peuvent entraîner une augmentation des comportements d’auto-stimulation ainsi que l’agressivité étant donné que les enfants ne peuvent exprimer leurs maux (Autism Speaks, 2012). L’épilepsie n’est également pas rare chez les individus ayant un TSA avec au moins deux crises épileptiques avant l’âge adulte rapportées dans le tiers des enfants avec TSA (Shangraw, 2007). Par ailleurs, jusqu’à 10% des personnes ayant un TSA présentent également une condition génétique telle le syndrome du X fragile, le syndrome d’Angelman ou la sclérose tubéreuse (Autism Speaks, 2012; Shangraw, 2007). Finalement, il est important de souligner la présence de problèmes de sommeil aussi fréquemment associés aux TSA (Autism Speaks, 2012).

Quelques données épidémiologiques

Au cours des deux dernières décennies, un intérêt croissant pour l’autisme et plus largement les TSA a marqué tant les médias que la société en général (Nachshen et al., 2008). Dans un rapport de mars 2012, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) aux États-Unis estiment la prévalence des TSA à 11.3/1000 (1 sur 88) enfants âgés de 8 ans sur la base des données de 2008 de 14 sites de recherche américains. Cela représente une augmentation de 23% par rapport à leur dernier rapport publié en 2009 (Centers for Disease Control and Prevention, 2012). Une étude nationale aux États-Unis, fait en 2009-2010 rapporte une prévalence de 7,9% de TSA chez les jeunes de 2 à 17 ans (The Child and Adolescent Health Measurement Initiative, 2012). Au Canada, environ une personne sur 110, dépendamment de la province, présenterait un TSA (Association des médecins psychiatres du Québec, 2012).

L’augmentation significative de la prévalence serait due à plusieurs facteurs incluant la redéfinition des critères diagnostiques qui permettent une meilleure identification, l’augmentation de la disponibilité des services, la détection plus précoce ainsi que la plus grande connaissance de ces troubles (Centers for Disease Control and Prevention, 2012; Nachshen et al., 2008; Shangraw, 2007).
L’autisme et les autres TSA sont jusqu’à 5 fois plus communs chez les garçons (1/54) que chez les filles (1/252) (Centers for Disease Control and Prevention, 2012).

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